M’étant préparée au métier d’assistante sociale que j’ai exercé une dizaine d’années, j’en ai exploré les limites. Ne pouvant plus accepter l’impuissance de l’action sociale et ayant renoué avec le mouvement d’éducation populaire qu’était le scoutisme de mon enfance, j’ai réfléchi, avec d’autres, à la question du changement de société. Peut-il s’exercer au sein des institutions ou faut-il en sortir pour créer des alternatives au monde économique ?

C’est vers ce deuxième choix que j’ai alors orienté mon énergie, poussée en cela par un fort désir de trouver une solution me permettant d’exercer un travail qui puisse concilier vie de famille (et rôle de mère), vie sociale (associative et militante) et vie professionnelle (comme lieu d’épanouissement et d’évolution) avec une qualité de vie.
Cela me paraissait possible à la condition de vivre en milieu rural et de décloisonner ces fonctions et leurs modalités d’application : faire d’un projet un tout dans lequel d’autres pouvaient s’inscrire au gré de leurs propres projets et témoigner ainsi qu’il est possible d’être auteur de sa vie, agir plutôt que subir.
Cette intention a pris forme dans une aventure collective, dont les balbutiements ont débuté en 1986 (j’avais 26 ans), et qui est aujourd’hui une entreprise sous forme de SA SCOP d’envergure nationale de 150 personnes dont 80 associés et qui grandit encore chaque jour.

Cette histoire collective que je retrace pour partie dans un livre publié en 2002 aux Éditions du Croquant, «Trajectoires indicibles» raconte comment nous avons inventé notre propre chemin et permis à d’autres de l’emprunter, à partir de l’utopie réalisée consistant à instaurer de nouveaux rapports au travail pour que chacun soit autonome et responsable dans des relations dénuées de lien de subordination et de domination où les décisions sont prises de manière participative par toutes les personnes présentes.

J’ai parfois peiné sur ce chemin, mais aussi parcouru des pentes plus douces d’un pas rendu léger par la convivialité, la fête, la bienveillance. J’ai construit avec les autres, tel des castors acharnés, connu des ruptures liées aux nombreux changements et mutations, accepté d’être dans le vide et de faire confiance à la vie, j’y ai fait de belles rencontres, essuyé des pluies fraîches, n’y ait guère pris de haltes, je me suis enrichie de la confrontation à l’autre, je me suis ressourcée dans la jubilation de la co-construction collective que l’on nomme coopération, j’ai appris à écouter mon corps et les signes de la vie pour me réorienter, puis, j’ai, brusquement décidé de réajuster mon rythme lorsqu’il en septembre 2008, à 48 ans, j’ai souhaité ne plus être le leader de cette épopée.
Une belle aventure humaine et économique qui m’a fait franchir la rive entre «vouloir changer la société» à celle de «changer soi-même», avec cette phrase de Gandhi devenu évidence dans ce parcours qui n’est pas fini : «sois le changement que tu veux voir pour le monde».

Lorsque j’ai quitté de mon plein gré le poste de dirigeante, avec l’intention de consacrer mon énergie à ma propre évolution, je devais accepter de vivre une importante transformation intérieure. J’avais conscience de devoir transmuter l’énergie avec laquelle j’avais donné sans compter tout mon temps et toute mon attention à cette entreprise.
Mon intuition me poussait à suivre une formation qui me permette tout à la fois de faire une relecture de mes compétences, d’acquérir de nouveaux outils, là où j’avais souvent avancé de manière expérimentale. En bref de pouvoir apprendre en mobilisant mon être sur le plan du mental, de l’émotionnel et du spirituel pour pouvoir développer des compétences conceptuelles et relationnelles.
Toujours aussi intuitivement, il me semblait que la formation de coach et team-building proposée par Didascalis pouvait répondre à cela. Cette formation ne propose pas une posture de savoir. Elle invite à mieux se connaître et appréhender son évolution.