Parler de co-construction est une autre façon de nommer des démarches participatives. Ce qui m'a motivée à ce que notre entreprise fonctionne en démocratie participative est de faire vivre une organisation où il fait bon être et travailler, qui soit source d’épanouissement personnel, où il est possible d’être pleinement acteur, responsable, créatif. Par la démocratie participative, il s’agit de favoriser la création de liens car chacun recèle une richesse pour l’autre et peut apporter de l’aide dans la réciprocité.

Cette démarche fait appel à des méthodes et des moyens. Les méthodes doivent permettre à chacun de comprendre les enjeux pour participer aux prises de décision. Les moyens sont les outils, le temps, les formations et le budget (non négligeable) accordés à cette démocratie participative. Les limites sont celles du temps lié au processus : temps d’appropriation, de réajustement de nos représentations imaginaires, et temps d’avoir le temps.
En premier lieu, sont distinguées les décisions qui sont de l’ordre de la stratégie, avec des conséquences sur les orientations majeures, de celles qui sont de l’ordre de l’opérationnel. Tout ne peut pas être discuté en grande assemblée car cela paralyserait l’organisation.
Les décisions sont prises dans un cadre de concertation au sein d’instances ad-hoc en fonction de la nature du sujet. Elles sont prises quand elles sont mûres, sont issues d’une concertation, au sens où, à partir de l’élaboration des idées, vont se construire les réponses les mieux adaptées à la situation. La décision n’est pas le fruit d’une réduction de pensée par compromis mais le fruit de la mise en synergie de plusieurs points de vue.

La démocratie participative, c’est un processus :

• La circulation de l’information utile à la prise de décision.
• La possibilité de s’approprier cette information (la comprendre, ne pas être noyé…) par l’énoncé des enjeux.
• La formation pour comprendre (par exemple, comment prendre une décision sur un budget sans connaissance en gestion).
• La consultation : organisation de lieux de débats et de confrontation des idées où il est possible pour chacun de prendre part à la discussion (favoriser les petits groupes).
• La concertation dans des instances ad-hoc pour clarifier le sujet et préparer la prise de décision : un énoncé sans équivoque.
• La prise de décision et l’acceptation qu’une décision non mûre soit reportée.
• Son application par les instances concernées (vérifier qui fait quoi).
• Son évaluation et son éventuelle remise en cause.
• L’information sur l’application de la décision et les éventuelles difficultés.
Ainsi, informer, consulter ou mener des concertations ne sont que des étapes d’un processus et ne se suffisent pas à définir la démocratie participative.

Processus de prise de décision