Même s'ils sont nombreux, ceux qui sont convaincus qu'un dirigeant, qu'un fondateur, ne doit pas s'accrocher à son œuvre pour qu'elle soit appropriable par d'autres, pour qu'elle perdure, je n'en ai en fait pas connus qui soient réellement partis de leur plein gré. Et j'aimerais bien rencontrer des personnes ayant vécu une situation similaire à la mienne, pour échanger.
C'est un paradoxe de constater qu'une entreprise de dimension collective soit en premier lieu celle d'une ou quelques personnes. Et cela se comprend, humainement. Comment ne pas se sentir tellement reconnu et confortable dans ces places où le pouvoir symbolique ou réel est de mise. Même si on se sent seul, parfois, malgré la coopération, malgré les instances de concertation.

Sans doute, parce que dans mon histoire de vie, dans mon histoire familiale, je me sentais peu encline à ces rôles de pouvoir, sans doute parce que je voulais avant tout être avec les autres, pas à part, sans doute parce que j'ai un tel besoin d'indépendance et d'exploration d'autres voies, en quête de sens, en quête de moi, sans doute par fatigue, certainement, il m'a été facile de prendre une telle décision. Le doute est venu s'insinuer après… Non, ce n'est pas facile. Partir et rester. Quitter les instances de décisions et n'être que salariée (plus précisément entrepreneure-salariée, donc autonome !). Voir le bateau tanguer, faire confiance, dépasser ses peurs. Puis se réjouir de la réussite, celle de l'entreprise, celle de ceux qui ont repris le manche, et la mienne qui émerge.

Voilà, ce témoignage que je partage, pour recueillir celui de ceux qui auraient vécu la même aventure…


Extrait du livre de Meryem Le Saget, Le manager intuitif, Éditions Dunod, mars 06

«Le manager intuitif se situe dans la compréhension de l’interdépendance entre l’économique, le sociétal et l’humain, au niveau local et planétaire... Pour être un manager intuitif, il ne s’agit pas de se conformer, mais de lâcher les modèles pour développer son propre style et rythme. C’est un parcours qui passe par un travail d’intériorité et de développement personnel.»
Le rôle du leader est de «gérer le développement de compétences individuelles en se projetant, de choisir une organisation propice à l’émergence des compétences, de coller aux objectifs par son style de management. Il évolue dans une «entreprise apprenante».
Ses outils :  «penser différent» (pas de confusion entre contenu et processus) ; la diversité de culture, d’éducation et de compétences dans ses équipes… Le manager intuitif fait le pari de la vie ! il s’engage dans ses actions en les utilisant comme tremplin pour sa propre transformation.»