Une mission passionnante
Par Béatrice le mercredi 20 juillet 2011, 13:54 - Projets en cours - Lien permanent
La mission avec la direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE) de la mairie de Paris s'est terminée fin juin 2011. Ce fût une mission riche de belles rencontres et forte de l'implication du comité de direction.
Cette mission m'avait inspirée car elle n'était pas libellée "étude sur les risques psycho-sociaux" comme la plupart des marchés sur le sujet, laissant le sensation d'une mise à distance et d'un traitement technique et froid. L'étude commandée par la DEVE parlait "des ressentis au travail des agents" et il s'agissait de les écouter, puis de faire un diagnostic sur le mal-être ou bien-être au travail. La direction est dans cette dynamique d'écoute et d'ouverture.
Nous devions ensuite élaborer des propositions d'actions pour tendre vers plus de bien-être. Après avoir entendu la restitution de ce diagnostic, le comité de direction a décidé de s'appuyer sur celui-ci afin d'initier une démarche participative avec l'ensemble des personnels encadrants. En effet, l'enjeu n'était plus d'ajouter des actions venues d'ailleurs ou venues de la hiérarchie, avec le risque qu'elles ne soient pas perçues, mais de créer un sentiment d'appartenance et de rendre les personnes actrices de l'amélioration des situations de travail.
Ainsi, avec ma collègue Florence Le Nulzec,nous avons co-animé des séminaires pour 290 personnes.
Ce furent des moments riches d'échange et de co-construction inédite pour cette direction qui compte 4000 agents. Par nos méthodes de travail coopératif et des outils spécialement conçus pour ces séminaires, notre intention était
Le partage d'un diagnostic est un moment fort pour une organisation. C'est une belle opportunité pour resserrer les liens, être en cohésion et se sentir "appartenir" et participant d'un projet commun.
C'est aussi un beau pari que de transformer des habitudes d'une organisation descendante pour une démarche participative. Cette direction est porteuse de nombreux atouts pour relever ce défi.
Nous avons apporté quelques jalons pour ce déploiement :
• Mettre en œuvre une démarche participative dans une organisation
fonctionnant de manière hiérarchique descendante nécessite de prendre de
nombreuses précautions car elle peut avoir des effets dommageables : la
sensation d’être manipulé avec une perte de confiance durable.
• Une démarche participative requiert l’existence d’équipes solidaires et
responsables qui partagent cette intention du participatif. Il s’agit donc de
réunir ces conditions.
• Il s’agit en premier lieu de créer des liens transversaux avec une présence
structurante de la direction (et des chefs de service) qui ne soit pas faite de
contrôle mais qui soit porteuse de sens (comme cela a déjà été initié lors des
séminaires).
• Il convient alors de s’accorder sur le but commun (la finalité recherchée, on
tend vers quoi en faisant cela) et les objectifs intermédiaires (objectifs par
étapes, par thèmes, par groupe, à redéfinir à chaque niveau/configuration) de
la démarche participative.
• Cela nécessite au préalable que tous les chefs de service soient bien
imprégnés de la démarche et conscients des enjeux de celle-ci (prendre le temps
d’ajustement au sein de la direction). Puis de le décliner aux différents
niveaux hiérarchiques et s’appuyer sur ceux qui s’approprient les enjeux en
mesurant les limites/freins.
• Il s’agit également de veiller à la circulation de l’information avec de la
transparence.
• Ensuite, il devient possible de partager une vision commune de l’organisation
(travail plus approfondi sur les valeurs, les missions, la vocation…)
• De nombreuses personnes préfèrent se référer à leur chef plutôt que de se
retrouver en posture participante. Il s’agit de les intégrer en douceur, de
manière progressive, à leur rythme. En ne s’appuyant que sur des personnes
ayant du leader-ship, les personnes en retrait risquent de se retrouver exclues
ou en décalage, voire en souffrance ou encore en opposition farouche à la
démarche. Il vaut mieux parfois ralentir et réduire les objectifs pour ne
« lâcher » personne, tout en conservant un peu d’avance pour faire
progresser le groupe.
• Il ne s’agit pas d’estomper les relations hiérarchiques. Celles-ci sont
indispensables et structurantes. La démarche participative souhaitée doit être
clairement centrée sur la suite du travail amorcé, sans confusion. Il s’agit
essentiellement de créer des espaces de circulation transversale où les
personnes sont dans une écoute réciproque et s’enrichissent de leurs
complémentarités. Cela est déjà en soi un grand bouleversement.
• La décision n’est pas prise d’avance, en revanche, la direction peut
anticiper sur les idées et les suggestions, la vision qui porte le processus,
les perspectives de mise en œuvre de manière à préparer le moment souvent
« magique » où se déclenche la décision partagée et où il faut être
prêt à démarrer.
• À chaque étape, la réflexion est à partager avec les organisations
syndicales, en tant que telles, même si certains de leurs membres participent
au processus.




