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Tag - Éducation populaire

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samedi 26 février 2011

Table ronde "femmes en économie sociale et solidaire"

J'ai le plaisir d'être invitée à une table ronde aux côtés de Danièle Demoustier, qui a été mon professeur lorsque j'ai suivi le DESS "développement et expertise de l'économie sociale" à l'IEP de Grenoble.

La question qui nous est posée est celle de l'égalité de traitement des hommes et de femmes en matière de gouvernance, d'égalité salariale, de temps de travail et de se demander si l'économie sociale et solidaire convient mieux aux femmes.

Ça se passe à la mairie de Villefontaine, en Isère, le mercredi 9 mars à 20h. Cette soirée est proposée par l'association Alpes solidaires.

J'apporterais un témoignage. La question d'être une femme dans ce que j'ai entrepris n'a jamais été une bataille pour moi. Les difficultés rencontrées résidaient plus dans le fait de "faire autrement", de sortir des sentiers battus.

Au début de ma vie professionnelle, j'exerçais un métier appartenant à une sphère très féminine et dans un milieu de femmes bien souvent dominées par des hommes : assistante sociale en centre hospitalier. Deux moteurs m'ont fait changé de milieu.

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Emotions politiques

J'ai envie de partager la chronique de Julie Clarini aux matins de France culture. Elle présente un "livre engagé" de Martha Nussbaum, philosophe américaine. Il s'intitule "not for profit", "pas pour le profit". 

J'ai été un peu agacée par le ton qui semble que l'on découvre la place à faire aux "humanités" et qu'elles deviennent utiles parce que c'est la crise. On parle ici d'humanités au sens de l'utilité sociale, de la démocratie et des sciences sociales. Faut-il une crise pour retrouver l'essentiel ? Sans doute puisque la crise nous indique que des choix sont à faire. Mais c'est comme si, le modèle capitaliste montrant son vrai visage, on accepterait comme recours les valeurs humanistes. C'est comme si on mettait de nouvelles fleurs sans changer l'eau du vase.

"Si nous croyons dans le régime politique qui nous gouverne, dit-elle, qui est bien sûr la démocratie, alors il faut former d’abord, c’est la priorité, des individus démocratiques. D’autant plus quand la crise économique et financière fragilise ce régime auquel nous tenons. Or, être un animal démocratique, eh bien non, ça ne s’invente pas. Ca suppose un certain nombre de compétences".

Et l'éducation populaire, alors ? Et l'économie sociale et solidaire ? Vivantes depuis plus de 100 ans, encore si méconnues, puisqu'il faut aller chercher une lueur d'espoir dans les thèses américaines, sans voir ni prendre en considération tous ces acteurs qui agissent, qui s'agitent depuis tant de temps à former des individus citoyens, à émanciper les personnes.

Mais là, où j'ai aimé cette chronique, c'est quand elle parle de la place des émotions. Là, enfin, il me semble que l'on commence à aller vers quelque chose qui prendrait en compte la personne dans toutes ces dimensions, quelles soient intellectuelles, physiques, émotionnelles et spirituelles.

Alors, j'ai bien aimé ce passage :

"Comment former des hommes et des femmes qui éprouveront des émotions démocratiques, comme : l’attention à l’autre, le respect mutuel, l’égalité ? Comment cultiver chez chacun d’entre nous le sens de la justice ? Eh bien par l’imagination, la lecture, la narration sous toutes ses formes.  L’une des conditions pour devenir un individu démocratique, c’est de comprendre les motivations de personnes différentes de nous, de leur prêter dignité et respect, de tolérer le désaccord. Et pour ça jusqu’à preuve du contraire, pense Martha Nussbaum, rien ne remplace les humanités, ou pour le dire autrement, rien ne vaut un bon vieux roman "