Cheminer en cohérence

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jeudi 15 septembre 2011

Vivre l'utopie

Des étudiants, de l'association entropie, organisent un événement autour de l'utopie, à Grenoble les 6, 7 et o octobre. Une grande diversité d'intervenants. C'est gratuit et ouvert à tous. programme vivre l'utopie.

samedi 26 février 2011

Table ronde "femmes en économie sociale et solidaire"

J'ai le plaisir d'être invitée à une table ronde aux côtés de Danièle Demoustier, qui a été mon professeur lorsque j'ai suivi le DESS "développement et expertise de l'économie sociale" à l'IEP de Grenoble.

La question qui nous est posée est celle de l'égalité de traitement des hommes et de femmes en matière de gouvernance, d'égalité salariale, de temps de travail et de se demander si l'économie sociale et solidaire convient mieux aux femmes.

Ça se passe à la mairie de Villefontaine, en Isère, le mercredi 9 mars à 20h. Cette soirée est proposée par l'association Alpes solidaires.

J'apporterais un témoignage. La question d'être une femme dans ce que j'ai entrepris n'a jamais été une bataille pour moi. Les difficultés rencontrées résidaient plus dans le fait de "faire autrement", de sortir des sentiers battus.

Au début de ma vie professionnelle, j'exerçais un métier appartenant à une sphère très féminine et dans un milieu de femmes bien souvent dominées par des hommes : assistante sociale en centre hospitalier. Deux moteurs m'ont fait changé de milieu.

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Emotions politiques

J'ai envie de partager la chronique de Julie Clarini aux matins de France culture. Elle présente un "livre engagé" de Martha Nussbaum, philosophe américaine. Il s'intitule "not for profit", "pas pour le profit". 

J'ai été un peu agacée par le ton qui semble que l'on découvre la place à faire aux "humanités" et qu'elles deviennent utiles parce que c'est la crise. On parle ici d'humanités au sens de l'utilité sociale, de la démocratie et des sciences sociales. Faut-il une crise pour retrouver l'essentiel ? Sans doute puisque la crise nous indique que des choix sont à faire. Mais c'est comme si, le modèle capitaliste montrant son vrai visage, on accepterait comme recours les valeurs humanistes. C'est comme si on mettait de nouvelles fleurs sans changer l'eau du vase.

"Si nous croyons dans le régime politique qui nous gouverne, dit-elle, qui est bien sûr la démocratie, alors il faut former d’abord, c’est la priorité, des individus démocratiques. D’autant plus quand la crise économique et financière fragilise ce régime auquel nous tenons. Or, être un animal démocratique, eh bien non, ça ne s’invente pas. Ca suppose un certain nombre de compétences".

Et l'éducation populaire, alors ? Et l'économie sociale et solidaire ? Vivantes depuis plus de 100 ans, encore si méconnues, puisqu'il faut aller chercher une lueur d'espoir dans les thèses américaines, sans voir ni prendre en considération tous ces acteurs qui agissent, qui s'agitent depuis tant de temps à former des individus citoyens, à émanciper les personnes.

Mais là, où j'ai aimé cette chronique, c'est quand elle parle de la place des émotions. Là, enfin, il me semble que l'on commence à aller vers quelque chose qui prendrait en compte la personne dans toutes ces dimensions, quelles soient intellectuelles, physiques, émotionnelles et spirituelles.

Alors, j'ai bien aimé ce passage :

"Comment former des hommes et des femmes qui éprouveront des émotions démocratiques, comme : l’attention à l’autre, le respect mutuel, l’égalité ? Comment cultiver chez chacun d’entre nous le sens de la justice ? Eh bien par l’imagination, la lecture, la narration sous toutes ses formes.  L’une des conditions pour devenir un individu démocratique, c’est de comprendre les motivations de personnes différentes de nous, de leur prêter dignité et respect, de tolérer le désaccord. Et pour ça jusqu’à preuve du contraire, pense Martha Nussbaum, rien ne remplace les humanités, ou pour le dire autrement, rien ne vaut un bon vieux roman "

samedi 18 septembre 2010

Avec les étudiants de HEC Paris

Jeudi dernier,  j’étais avec des étudiants de la Majeure Alternative Management de HEC Paris. J'avais été invitée, il y a deux ans, par Roland Vaxelaire pour témoigner de mon parcours au sein de l'entreprise alternative qu'est Oxalis.

L’intention, cette année, était d’expérimenter une prise de décision collective consensuelle. Je salue ici la démarche d'Eve Chiapello et Denis Bourgeois, responsables de la Majeure qui mettent en cohérence les contenus de la formation avec la pédagogie. En effet, en proposant mon intervention, ils ont accepté de prendre le risque de mettre en débat et de décider collectivement avec les étudiants de la notation de leurs épreuves collectives.
Certes, dans le temps imparti, nous n’avons pu décider que sur une partie du sujet. Pour autant, ce qui a été échangé ouvre le champ à d’autres séquences participatives. J’ai été séduite par la maturité des étudiants, qui tout à leur septicisme sur la capacité à prendre des décisions consensuelles, ont soulevé de nombreuses questions. Cela me ravit car il aurait été triste de donner des réponses toutes faites et des solutions miracles.
L’important, dans l’apprentissage est de se poser des questions, de vivre des expériences et d’en tirer des enseignements pour soi. J’ose espérer avoir pu leur transmettre quelques méthodes pour vivre des démarches participatives.

Ainsi au préalable, nous avons mis en place les conditions favorables à une participation co-constructive.

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dimanche 12 septembre 2010

Plaisir d'être en réunion est disponible !

Je suis heureuse d'annoncer la parution de "Plaisir d'être en réunion".
Aux Éditions du Croquant

Je l'ai rédigé avec l'intention de transmettre des méthodes et des expériences à tous ceux qui veulent vivre des réunions participatives.
Les réunions jalonnent nos actions et il est agréable et appréciable qu'elles se passent pour le mieux tant pour les tâches menées que pour les personnes et les relations.
Je souhaite que vous y trouviez pleins de ressources nouvelles ou à approfondir. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires !

La sortie d'un livre est un moment émouvant, le moment où le texte n'est plus mien mais appartient désormais à celui qui le lit.

Cet ouvrage est, en quelque sorte, le fruit d'un travail collectif car, naturellement, il s'inspire d'expériences vécues avec d'autres. Mais plus particulièrement, il a été enrichit par la relecture attentionnée de Laetitia Chalandon, Alexis Cukier, Alain Oriot, Mélanie Chalandon, Philippe Rogier, Paul Hallé, Françoise Keller, Gérard Collignon, Chantal Gazzola, Anne-Laure Desgris, Jean-Luc Chautagnat, Adèle Peron. Carol Duheyon l'a corrigé avec beaucoup de tact. L'illustration de la couverture est un dessin à l'encre de chine d'Alain Oriot. Les dessins humoristiques sont l'œuvre de Franck Dominé.
Tous ont fortement contribué à la qualité de ce live et je les en remercie de tout cœur.

Extrait Plaisir d'être en réunion


Plaisir d’être en réunion envoyé par bponcin


mardi 20 juillet 2010

Monographies, histoires de vie

Les missions d'études que je mène s'appuient sur des paroles d'acteurs. Pour cela, je rédige de mini monographies. Ce sont des reformulations écrites de ce qui se dit, que je retransmets, comme des miroirs. À chaque fois, les personnes sont étonnées de la justesse de mes propos, constatant que cela les "fait avancer".
J'ai réalisé cela lors des entretiens conduits avec des porteurs de projets d'activités économiques.
Lorsque j'ai écrit Salarié sans patron ?, j'ai d'abord rédigé une vingtaine d'histoires de projets avant d'introduire ces "personnages" dans le livre.
L'an dernier, j'ai effectué des monographies qui racontent comment et pourquoi des associations de Basse-Normandie ont été accompagnées par le DLA.

Forte de ces expériences et de la publication de l'histoire de l'entreprise Oxalis, j'ai envie d'écrire et de publier des histoires de vie d'organisations. Cela s'inscrit en cohérence avec la collection "artisans d'utopie" des Éditions du Croquant. C'est un projet lancé ici pour qu'il fasse écho.

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vendredi 4 juin 2010

La co-construction

Avec le désir que puissent exister des relations professionnelles sans lien de subordination (de domination sur l'autre), j'ai co-fondé l'entreprise Oxalis. Un lieu de projet plus que de travail, où il est possible de créer, de s'épanouir, où chacun est acteur et participe aux décisions (avec une recherche de consensus).
Cette entreprise existe depuis une vingtaine d'années. Au début, nous étions entre 5 et 7 tous situés dans le massif des Bauges et travaillant de manière polyvalente ensemble. Nous avions mis en place des réunions efficientes.
Puis, nous avons grandi, tellement grandi qu'aujourd'hui nous sommes 150, nous sommes sur toute la France et chacun travaille à partir de sa propre activité. Pour autant, nous avons souhaité rester fidèle à notre intention première de la participation de tous à la vie de l'entreprise.
Pour cela, nous avons fait évoluer nos pratiques et construit des méthodes.

Entre autre, j'ai conceptualisé le fait que la prise de décision collective est d'abord un processus que j'ai ainsi schématisé :

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jeudi 3 juin 2010

La responsabilité

Je suis animée par des valeurs humanistes, elles me donnent le carburant pour agir. Intuitivement, dès la création d'Oxalis, j'ai pensé que la coopération reposait sur la responsabilité individuelle et collective, sur la confiance et sur l'ouverture. Après 20 ans de travail coopératif, je l'affirme toujours, ayant vérifié à maintes reprises combien ces ingrédients en sont le ferment.

C’est la responsabilité de soi, s’assumer, ne pas faire porter au collectif les conséquences de ses choix. C’est aussi la responsabilité collective et l’acceptation que les choix de la personne viennent impacter le groupe. Il y a la gestion d’un paradoxe car la responsabilité ne s’affranchit pas de la solidarité. Pour autant, si chacun se sent pleinement responsable (balaye devant sa porte), et se sent responsable du collectif (contribuer à ce que l’ensemble fonctionne au mieux), les relations sont saines et la coopération efficiente.

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