Cheminer en cohérence

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lundi 2 juin 2014

La transmission

Une organisation associative ou une entreprise coopérative, comme d'ailleurs tout autre type d'entreprises, vit un changement majeur lors du départ annoncé ou prévu de son dirigeant ou de sa dirigeante. C'est une transmission particulière puisqu'il ne s'agit pas de céder une entité mais de laisser sa place pour faire vivre un projet.

Ce sujet suscite de nombreuses réactions et toujours l'interrogation sur la possibilité, la capacité, la difficulté à quitter une direction et à la confier à un autre.


J'ai posé quelques points de repères dans le document ci-dessous à partir de ma propre expérience, des témoignages de dirigeants et de mes connaissances.

la transmission


Si vous voulez imprimer ce document : en voici une version sous forme de livret (configuration pour l’imprimante : position « paysage », recto/verso reliure côté court)

la transmission pour impression

vendredi 7 septembre 2012

Sens

Il est une phrase souvent entendue et dite "nul n'est indispensable". Prise dans le sens où il est toujours possible de déléguer, de faire ensemble, d'éviter la toute puissance, cette formule me semble adéquate. Cependant, elle a toujours généré en moi un sentiment de malaise car elle ne me semblait pas si juste. Je peux être, certes, remplaçable, mais il est clair que ce qui sera mis en œuvre sera différent ou ne sera pas mis en œuvre. Ce que chacun apporte est unique. C'est la raison d'être.

La lecture de  "Nos raisons de vivre" de Victor Franckl (neuropsychiatre, philosophe, inventeur de la logothérapie), m'a apporté un éclairage évident.

Il affirme que chacun est irremplaçable. Ce qui revient à reconnaître l'unicité de l'être et du sens de sa vie. "La vie recèle un sens pour chacun".

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mercredi 30 mai 2012

Changement

Je change de statut ! J'ai quitté la coopérative Oxalis que j'ai co-fondé et dirigé pendant une vingtaine d'années.

En 2008, j'ai laissé mes fonctions de direction pour laisser la place, en cohérence avec mes valeurs et celles d'Oxalis. Je suis restée entrepreneure-salariée, reprenant mon activité de consultante, coach, formatrice.

Cependant, il est difficile d'appartenir à une entreprise dont la vocation est la participation de ses membres sans pouvoir m'impliquer réellement. En effet, en tant qu'ancienne dirigeante, ma parole n'a pas le même impact.

Pour être au clair avec ma présence et aussi parce que j'avais le désir de m'alléger, de vivre pleinement mon indépendance, j'ai créé le 1er juin 2012 une EURL.

Faisant cela, je ne renie en rien mes valeurs de coopération. Je vais les incarner différemment, par des liens qui se tisseront au fil des missions ou des relations créées.

Je suis par ailleurs pleinement engagée dans deux espaces collectifs très distincts. Celui d'un groupe de supervision, code de déontologie. Celui de mon engagement bénévole au sein de la Société financière la Nef, en tant que présidente du Comité d'éthique.

Je continue d'agir professionnellement au sein de structures de l'économie sociale ou solidaire auprès desquelles j'apporte mon expérience, mes compétences et le recul acquis au cours de ces dernières années.

samedi 26 février 2011

Table ronde "femmes en économie sociale et solidaire"

J'ai le plaisir d'être invitée à une table ronde aux côtés de Danièle Demoustier, qui a été mon professeur lorsque j'ai suivi le DESS "développement et expertise de l'économie sociale" à l'IEP de Grenoble.

La question qui nous est posée est celle de l'égalité de traitement des hommes et de femmes en matière de gouvernance, d'égalité salariale, de temps de travail et de se demander si l'économie sociale et solidaire convient mieux aux femmes.

Ça se passe à la mairie de Villefontaine, en Isère, le mercredi 9 mars à 20h. Cette soirée est proposée par l'association Alpes solidaires.

J'apporterais un témoignage. La question d'être une femme dans ce que j'ai entrepris n'a jamais été une bataille pour moi. Les difficultés rencontrées résidaient plus dans le fait de "faire autrement", de sortir des sentiers battus.

Au début de ma vie professionnelle, j'exerçais un métier appartenant à une sphère très féminine et dans un milieu de femmes bien souvent dominées par des hommes : assistante sociale en centre hospitalier. Deux moteurs m'ont fait changé de milieu.

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samedi 18 septembre 2010

Avec les étudiants de HEC Paris

Jeudi dernier,  j’étais avec des étudiants de la Majeure Alternative Management de HEC Paris. J'avais été invitée, il y a deux ans, par Roland Vaxelaire pour témoigner de mon parcours au sein de l'entreprise alternative qu'est Oxalis.

L’intention, cette année, était d’expérimenter une prise de décision collective consensuelle. Je salue ici la démarche d'Eve Chiapello et Denis Bourgeois, responsables de la Majeure qui mettent en cohérence les contenus de la formation avec la pédagogie. En effet, en proposant mon intervention, ils ont accepté de prendre le risque de mettre en débat et de décider collectivement avec les étudiants de la notation de leurs épreuves collectives.
Certes, dans le temps imparti, nous n’avons pu décider que sur une partie du sujet. Pour autant, ce qui a été échangé ouvre le champ à d’autres séquences participatives. J’ai été séduite par la maturité des étudiants, qui tout à leur septicisme sur la capacité à prendre des décisions consensuelles, ont soulevé de nombreuses questions. Cela me ravit car il aurait été triste de donner des réponses toutes faites et des solutions miracles.
L’important, dans l’apprentissage est de se poser des questions, de vivre des expériences et d’en tirer des enseignements pour soi. J’ose espérer avoir pu leur transmettre quelques méthodes pour vivre des démarches participatives.

Ainsi au préalable, nous avons mis en place les conditions favorables à une participation co-constructive.

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samedi 5 juin 2010

La mutualisation

Je m'intéresse et je pratique la coopération, la mutualisation, mais quelles en sont les différences ? La mutualisation est à la mode car elle induit l'idée d'optimisation, ce qui est le cas, en effet. C'est pourquoi, les pouvoirs publics poussent les associations à "mutualiser des moyens" pour mieux se professionnaliser et optimiser des coûts.

Certes, mais on ne peut pas impunément vouloir de la mutualisation «pour l’autre». Celle-ci s’inscrit en premier lieu dans un engagement réciproque et un acte volontaire choisi et conscientisé sans lesquels la mutualisation ne saurait perdurer. Il s'agit de prendre en compte la motivation des personnes concernées.

À Oxalis, nous mutualisons beaucoup de choses :

  • des moyens entrepreneuriaux que sont un statut, de la comptabilité, des services administratifs tels que la paye…
  • de la formation avec une offre étoffée. Voir le catalogue de formations à Oxalis (pdf)
  • de la veille juridique et sociale.
  • des partages d'infos sur les marchés publics ou autres marchés.
  • des échanges de compétences professionnelles, selon nos métiers et de l'accompagnement interne.
  • des réseaux.
Et tout cela par de la solidarité économique et humaine :
  • chacun contribue financièrement à hauteur d'un pourcentage de sa marge brute (avec un plancher et un plafond) : ainsi ceux qui font plus de chiffres d'affaires aident le financement des moyens mutualisés pour ceux qui démarrent ou font de petits chiffres.
  • chacun peut bénéficier des compétences des autres, car à 150, elles sont très larges et diversifiées.
  • du soutien moral, des échanges d'expériences…

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jeudi 3 juin 2010

La responsabilité

Je suis animée par des valeurs humanistes, elles me donnent le carburant pour agir. Intuitivement, dès la création d'Oxalis, j'ai pensé que la coopération reposait sur la responsabilité individuelle et collective, sur la confiance et sur l'ouverture. Après 20 ans de travail coopératif, je l'affirme toujours, ayant vérifié à maintes reprises combien ces ingrédients en sont le ferment.

C’est la responsabilité de soi, s’assumer, ne pas faire porter au collectif les conséquences de ses choix. C’est aussi la responsabilité collective et l’acceptation que les choix de la personne viennent impacter le groupe. Il y a la gestion d’un paradoxe car la responsabilité ne s’affranchit pas de la solidarité. Pour autant, si chacun se sent pleinement responsable (balaye devant sa porte), et se sent responsable du collectif (contribuer à ce que l’ensemble fonctionne au mieux), les relations sont saines et la coopération efficiente.

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