Cheminer en cohérence

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mercredi 20 juillet 2011

Une mission passionnante

La mission avec la direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE) de la mairie de Paris s'est terminée fin juin 2011. Ce fût une mission riche de belles rencontres et forte de l'implication du comité de direction.

Cette mission m'avait inspirée car elle n'était pas libellée "étude sur les risques psycho-sociaux" comme la plupart des marchés sur le sujet, laissant le sensation d'une mise à distance et d'un traitement technique et froid. L'étude commandée par la DEVE parlait "des ressentis au travail des agents" et il s'agissait de les écouter, puis de faire un diagnostic sur le mal-être ou bien-être au travail. La direction est dans cette dynamique d'écoute et d'ouverture.

Nous devions ensuite élaborer des propositions d'actions pour tendre vers plus de bien-être. Après avoir entendu la restitution de ce diagnostic, le comité de direction a décidé de s'appuyer sur celui-ci afin d'initier une démarche participative avec l'ensemble des personnels encadrants. En effet, l'enjeu n'était plus d'ajouter des actions venues d'ailleurs ou venues de la hiérarchie, avec le risque qu'elles ne soient pas perçues, mais de créer un sentiment d'appartenance et de rendre les personnes actrices de l'amélioration des situations de travail.

Ainsi, avec ma collègue Florence Le Nulzec,nous avons co-animé des séminaires pour 290 personnes.

Ce furent des moments riches d'échange et de co-construction inédite pour cette direction qui compte 4000 agents. Par nos méthodes de travail coopératif et des outils spécialement conçus pour ces séminaires, notre intention était

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samedi 26 février 2011

Table ronde "femmes en économie sociale et solidaire"

J'ai le plaisir d'être invitée à une table ronde aux côtés de Danièle Demoustier, qui a été mon professeur lorsque j'ai suivi le DESS "développement et expertise de l'économie sociale" à l'IEP de Grenoble.

La question qui nous est posée est celle de l'égalité de traitement des hommes et de femmes en matière de gouvernance, d'égalité salariale, de temps de travail et de se demander si l'économie sociale et solidaire convient mieux aux femmes.

Ça se passe à la mairie de Villefontaine, en Isère, le mercredi 9 mars à 20h. Cette soirée est proposée par l'association Alpes solidaires.

J'apporterais un témoignage. La question d'être une femme dans ce que j'ai entrepris n'a jamais été une bataille pour moi. Les difficultés rencontrées résidaient plus dans le fait de "faire autrement", de sortir des sentiers battus.

Au début de ma vie professionnelle, j'exerçais un métier appartenant à une sphère très féminine et dans un milieu de femmes bien souvent dominées par des hommes : assistante sociale en centre hospitalier. Deux moteurs m'ont fait changé de milieu.

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samedi 18 septembre 2010

Avec les étudiants de HEC Paris

Jeudi dernier,  j’étais avec des étudiants de la Majeure Alternative Management de HEC Paris. J'avais été invitée, il y a deux ans, par Roland Vaxelaire pour témoigner de mon parcours au sein de l'entreprise alternative qu'est Oxalis.

L’intention, cette année, était d’expérimenter une prise de décision collective consensuelle. Je salue ici la démarche d'Eve Chiapello et Denis Bourgeois, responsables de la Majeure qui mettent en cohérence les contenus de la formation avec la pédagogie. En effet, en proposant mon intervention, ils ont accepté de prendre le risque de mettre en débat et de décider collectivement avec les étudiants de la notation de leurs épreuves collectives.
Certes, dans le temps imparti, nous n’avons pu décider que sur une partie du sujet. Pour autant, ce qui a été échangé ouvre le champ à d’autres séquences participatives. J’ai été séduite par la maturité des étudiants, qui tout à leur septicisme sur la capacité à prendre des décisions consensuelles, ont soulevé de nombreuses questions. Cela me ravit car il aurait été triste de donner des réponses toutes faites et des solutions miracles.
L’important, dans l’apprentissage est de se poser des questions, de vivre des expériences et d’en tirer des enseignements pour soi. J’ose espérer avoir pu leur transmettre quelques méthodes pour vivre des démarches participatives.

Ainsi au préalable, nous avons mis en place les conditions favorables à une participation co-constructive.

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dimanche 6 juin 2010

La direction d'entreprise

Être dirigeante d'une entreprise est une belle responsabilité, une lourde charge, aussi. Je me suis retrouvée dans ce rôle sans l'avoir vraiment choisi, un peu comme une évidence, parce que d'autres sont venus rejoindre le chemin que nous parcourions déjà (l'entreprise a grandi et il fallait la gérer). Je me sentais à l'aise pour transmettre, accueillir et accompagner puis diriger. C'est-à-dire être garante du sens, faire vivre l'entreprise humainement et financièrement. J'ai appris en marchant, j'ai utilisé mon intuition et je me retrouve bien dans ce que dit Meryem Le Saget sur "le manager intuitif".

À un moment donné, je me suis retrouvée "devant". J'incarnais l'autorité morale. Alors je me suis retournée car je ne souhaitais pas être distanciée. J'ai pensé à toutes ces entreprises fortes de leurs valeurs, dépendantes de leurs fondateurs. J'ai souhaité un avenir pour cette coopérative qui ne dépende pas que de moi. J'ai eu besoin de souffler et de me retrouver, en tant que personne, au-delà de l'identification faite à Oxalis.

J'ai franchi ce pas rapidement. Il ne fallait pas hésiter. Sauter, vite, pour rebondir. Cela a été possible car la direction était organisée de manière collégiale, parce que chacun assumait ses responsabilités.

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jeudi 3 juin 2010

La responsabilité

Je suis animée par des valeurs humanistes, elles me donnent le carburant pour agir. Intuitivement, dès la création d'Oxalis, j'ai pensé que la coopération reposait sur la responsabilité individuelle et collective, sur la confiance et sur l'ouverture. Après 20 ans de travail coopératif, je l'affirme toujours, ayant vérifié à maintes reprises combien ces ingrédients en sont le ferment.

C’est la responsabilité de soi, s’assumer, ne pas faire porter au collectif les conséquences de ses choix. C’est aussi la responsabilité collective et l’acceptation que les choix de la personne viennent impacter le groupe. Il y a la gestion d’un paradoxe car la responsabilité ne s’affranchit pas de la solidarité. Pour autant, si chacun se sent pleinement responsable (balaye devant sa porte), et se sent responsable du collectif (contribuer à ce que l’ensemble fonctionne au mieux), les relations sont saines et la coopération efficiente.

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La confiance

Dans la même veine que la responsabilité, la confiance est l'un des ingrédients de la coopération.

D’aucuns diront que la confiance, ça se construit, ça se mérite. La confiance, c’est se fier à l’autre, lui donner crédit, avoir foi en lui. Ce qui ne signifie pas pour autant de «se perdre dans l’autre» ou manquer de discernement. Un climat de confiance facilite un langage d’authenticité. La confiance est indissociable de la bienveillance, au sens d’accueillir l’autre de manière inconditionnelle. La confiance induit aussi que chacun est responsable. Pour instaurer une telle ambiance dans un groupe, il est essentiel de croire au fait que c’est possible de créer ensemble. C’est en premier lieu une attitude personnelle où il s’agit de rester centré sur soi, avec vigilance, sans appréhension, ni défiance dans le processus et dans les personnes. La confiance est l’ouverture des libertés tout en canalisant ce qui se passe. L’enjeu est de rassembler les idées et les imaginaires, les rendre palpables, accessibles pour les incarner dans du réel, dans l’action. La confiance peut se décréter comme un mode de fonctionnement. Elle est un défi, une volonté.