Être dirigeante d'une
entreprise est une belle responsabilité, une lourde charge, aussi. Je me suis
retrouvée dans ce rôle sans l'avoir vraiment choisi, un peu comme une évidence,
parce que d'autres sont venus rejoindre le chemin que nous parcourions déjà
(l'entreprise a grandi et il fallait la gérer). Je me sentais à l'aise pour
transmettre, accueillir et accompagner puis diriger. C'est-à-dire être garante
du sens, faire vivre l'entreprise humainement et financièrement. J'ai appris en
marchant, j'ai utilisé mon intuition et je me retrouve bien dans ce que dit
Meryem
Le Saget sur "le manager intuitif".
À un moment donné, je me suis retrouvée "devant". J'incarnais l'autorité
morale. Alors je me suis retournée car je ne souhaitais pas être distanciée.
J'ai pensé à toutes ces entreprises fortes de leurs valeurs, dépendantes de
leurs fondateurs. J'ai souhaité un avenir pour cette coopérative qui ne dépende
pas que de moi. J'ai eu besoin de souffler et de me retrouver, en tant que
personne, au-delà de l'identification faite à Oxalis.
J'ai franchi ce pas rapidement. Il ne fallait pas hésiter. Sauter, vite,
pour rebondir. Cela a été possible car la direction était organisée de manière
collégiale, parce que chacun assumait ses responsabilités.